En tant qu'artiste aquarelle, j'ai fait le choix singulier des transparences vivantes et des contrastes absolus. Pour laisser intacte la perception du spectateur, je réalise mes œuvres à l'aquarelle blanche sur un papier noir exigeant, qui n’est pas une toile classique.
Aidé par des touches subtiles de pigments noirs pour donner de la profondeur aux détails, ce choix radical m'impose un renversement du geste créatif. Peindre en blanc sur noir, c’est travailler en négatif, sculpter la lumière, et chercher la nuance dans ce qui pourrait sembler absolu. Ce défi technique et mental m'anime profondément : il exige une précision minutieuse, une diversité de pinceaux d'une grande finesse, une patience infinie et une observation attentive du vivant.
Peindre les espèces en danger critique d'extinction
Ma démarche de peintre animalière s’appuie sur la Liste rouge de l’UICN. Je sélectionne des espèces en danger d’extinction pour réaliser des portraits au rendu profondément réaliste. Si certaines de ces espèces nous sont familières, d’autres restent presque invisibles au regard du grand public, mais toutes portent en elles une fragilité qui me touche.
Avant de dessiner mon croquis, je m'immerge dans mon sujet. Je rassemble des photographies, des documents et des récits scientifiques ; je prends le temps de comprendre l’animal, son habitat et sa disparition silencieuse.
Un processus de création lent et minutieux
Une fois pleinement imprégnée du sujet, c'est alors que je prépare mon eau, ma peinture et mes pinceaux. Petit à petit, sous mon geste d'artiste aquarelle, le tableau prend vie.
Chaque œuvre naît d’un processus lent, où je cherche un rendu réaliste, sensible, presque intime. Les textures semblent surgir de l’ombre, les regards apparaissent progressivement, comme si l’animal se révélait à mesure que la lumière s’installe sur le papier.
À travers mes créations, je souhaite rendre hommage à ces êtres menacés et inviter le spectateur à s’arrêter, à regarder autrement. Mes tableaux sont un espace de résistance : une manière de retenir ce qui s’efface, de rappeler la beauté fragile du vivant, et d’éveiller les consciences face à l’urgence de sa préservation.